Réponse à l'article de "La titrisation : Le couteau suisse de la finance en zone UEMOA ?" paru le 04 juin dernier

vendredi 8 septembre 2017

Merci pour cet article très pertinent qui permet d’entamer des discussions sur cette technique innovante qu’est la titrisation

lien de l'article (https://www.linkedin.com/pulse/la-titrisation-le-couteau-suisse-de-finance-en-zone-uemoa-marieme-ba)

Je partage totalement ton analyse. Je souhaiterais dans un premier temps répondre à la question que tu m’as adressée puis rebondir sur certains des commentaires que tu as reçus.

La réglementation régissant la titrisation dans la zone UEMOA est en vigueur depuis 2010. Sept (7) années se sont écoulées sans véritable transaction (impliquant le secteur privé). Il est donc pertinent de parler de frein ou de spécificité à prendre en compte pour un meilleur déploiement de la technique.

Nous pouvons avancer, dans un premier  temps, l’argument de la méconnaissance de cette technique. Les acteurs de notre marché financier possèdent de bonnes connaissances générales sur le sujet. Cependant pour convertir les opportunités en transactions, il nous faudrait répondre à des questions plus profondes notamment :

-         En quoi la titrisation pourrait être une solution viable à leur problématique financière ou règlementaire ?

-         Quel est le degré de complexité de mise en place d’une telle opération (délais, coût, intervenants) ?

-         Qui sont les acteurs disposant de l’expertise en la matière  intervenant dans la zone ? ….

Dans ce contexte, il appartient aux acteurs de se mobiliser pour adresser ces problématiques et démystifier la technique.  L’appétit des acteurs pour la technique est indéniable et ira croissant mais pour aboutir à son décollage puis son véritable encrage dans le paysage des instruments financiers privilégiés sur le marché, quelques petits d’ajustements règlementaires seraient les bienvenus.  Par exemple,  le refinancement des titres émis dans le cadre d’une opération de titrisation par la Banque Centrale permettrait un meilleur déploiement de la technique dans notre zone. Ce facteur a permis de décupler les opérations en Europe ou aux États Unis. .

Je souhaiterais également m’exprimer rapidement sur certains points évoqués dans les commentaires.

Pour ma part, la zone UEMOA bénéficie d’un cadre juridique intéressant sur la titrisation. Rappelons que nous sommes sur un marché « neuf ». Il est certain que cette règlementation aura vocation à évoluer suivant le développement des transactions dans notre zone en tenant compte des spécificités observées.

Par ailleurs, il est tout à fait possible que les PME bénéficient de cette technique innovante. C’est un sujet sur lequel travaille notre cabinet. Nous avons développé par exemple un schéma de titrisation répondant à leurs besoins de financement . Cependant, le véritable point réside dans la rigueur professionnelle de nos PME (gouvernance adéquate, formation des dirigeants, transparence…).

La titrisation est certes une solution pertinente mais certainement pas une solution miracle. L’objectif final reste la protection des investisseurs ayant investi dans les transactions.

Selon nous la titrisation devrait permettre de résoudre ou du moins d’améliorer les choses sur des problématiques importantes pour nos économies telles que le développement du marché hypothécaire ce qui permettrait l’accès à un plus grand nombre à la propriété,

le financement des PME etc. Il y a également des choses à faire au niveau des États.  

Concernant la crise des subprimes, j’ai eu l’occasion de rédiger un mémoire sur le sujet il y’a quelques années. Je pense que cette crise sert aujourd’hui la cause d’une titrisation vertueuse. Il est indéniable que la titrisation a contribué au développement économique de plusieurs grands pays. Nous avons tous eu l’occasion d’analyser les raisons de cette crise notamment les actifs sous-jacents douteux ainsi que la négligence professionnelle des cédants, des agences de notation et des autorités de contrôle.

Remarquez tout de même que cette crise a eu moins d’impact en Europe où la technique reste plus encadrée. Tout part des créances de base, nous sommes sur un marché « neuf » avec un risque systémique plus exacerbé, il est donc impensable d’adosser les parts de FCTC à des créances de mauvaise qualité. Comme indiqué dans l’exposé de Marième, la rigueur de nos banques (concernant les opérations adossées sur des créances bancaires) dans le choix des débiteurs finaux ainsi que des autres acteurs tels que nos agences de notation locales est primordiale.

Pour terminer, je dirai que la titrisation reste une technique élitiste avec des avantages indéniables mais aussi des risques certains. Nous sommes heureux de voir qu’un écosystème d’acteurs disposant de l’expertise en la matière  se développe dans notre zone. Pour notre part, le cabinet Joseph & Cie a pour objectif de mettre son expertise sur le sujet au service des entités privées et publiques et de tirer les bénéfices de cette technique destinée à créer une économie plus forte (à l’instar de nos voisins d’Afrique du nord).

https://www.linkedin.com/pulse/r%C3%A9ponse-%C3%A0-larticle-de-la-titrisation-le-couteau-suisse-boua-

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